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EBITDA de négociation PME - retraitements et prix - La ScaleZone

EBITDA de négociation PME : le vrai chiffre du prix | La ScaleZone [V16]

September 22, 202610 min read

Vous connaissez votre résultat par cœur, vous l'annoncez sans hésiter, et l'acquéreur revient trois semaines plus tard avec un chiffre sensiblement inférieur. Rien n'a été truqué ni d'un côté ni de l'autre, mais l'impact sur votre valorisation est réel. Vous parlez simplement de deux choses différentes.

Le résultat qui figure dans vos comptes annuels répond à des règles comptables et fiscales. On calcule ce qui reste avant les impôts, et on boucle l'année.

Celui sur lequel se calcule le prix de votre entreprise répond à une autre question : combien cette activité rapporterait-elle à quelqu'un qui la reprend, sans vous, sans vos choix personnels, dans des conditions normales de marché.

Entre les deux, il y a une série d'ajustements qu'on appelle les retraitements. Les comprendre avant d'entrer en négociation évite de découvrir l'écart au pire moment. Dans cet article, vous allez découvrir :

  • Ce qu'est l'EBITDA, en langage simple
  • D'où vient l'écart entre vos comptes et la négociation
  • Les retraitements qu'un acquéreur applique
  • Ceux qui se retournent contre le cédant
  • Comment préparer un chiffre défendable

Ce sujet concerne tout dirigeant qui envisage de céder, même à horizon lointain, parce que la plupart de ces ajustements se préparent bien en amont. On y va ?

Qu'est-ce que l'EBITDA d'une PME, expliqué en langage simple ?

Pour commencer, posons le vocabulaire. L'EBITDA, qu'on appelle en français l'excédent brut d'exploitation (EBE), mesure ce que rapporte l'activité de l'entreprise avant les effets du financement, de la fiscalité et de l'amortissement des investissements passés.

Autrement dit ? C'est la richesse produite par le métier lui-même, indépendamment de la façon dont l'entreprise est financée et de son historique d'investissement. C'est la base sur laquelle repose l'essentiel de la façon dont se calcule concrètement la valorisation d'une PME.

La logique du prix tient en deux termes : un résultat récurrent, multiplié par un coefficient qui traduit le risque et les perspectives. Selon les secteurs et le profil de l'entreprise, ce coefficient se situe couramment dans une fourchette allant du simple au double, voire davantage sur des activités très recherchées.

La conséquence pratique s'impose immédiatement : chaque euro de résultat récurrent gagné ou perdu se multiplie par ce coefficient dans le prix final. C'est ce qui rend l'exercice de retraitement si sensible.

Un point de vocabulaire pour la suite : on parle d'EBITDA retraité, ou d'EBITDA normatif, pour désigner le chiffre corrigé qui sert de base à la négociation.

D'où vient l'écart entre l'EBITDA de vos comptes et celui de la négociation ?

En partant de ce constat, regardons pourquoi les deux chiffres divergent : vos comptes annuels sont construits pour répondre à l'administration fiscale et aux règles comptables. Ils décrivent fidèlement ce qui s'est passé dans votre société, telle qu'elle est aujourd'hui, avec vous à sa tête.

L'acquéreur, lui, cherche à répondre à une question de projection, ce qui rejoint largement ce qu'un acquéreur regarde vraiment quand il évalue une PME : à quoi ressemblera cette activité dans ses mains, l'an prochain, une fois vos particularités neutralisées.

Dans les faits, trois familles d'écarts expliquent la quasi-totalité de la différence.

Les charges liées au dirigeant : rémunération éloignée du prix du marché pour ce poste, véhicule, frais, avantages, membres de la famille employés, loyers de SCI, etc. Ces lignes servent souvent une logique patrimoniale ou fiscale plutôt qu'un besoin d'exploitation.

Les éléments non récurrents : un gros litige réglé cette année, une subvention exceptionnelle, une commande unique, un déménagement. Ils ont existé, et ils ne se reproduiront pas.

Les conditions hors marché : un loyer versé à votre propre société immobilière à un niveau décorrélé du marché, un contrat avec une société détenue par un proche, une prestation facturée entre vos différentes structures. On parle ici de vos parties liées, c'est-à-dire les sociétés et les personnes de votre entourage avec lesquelles vous contractez.

Prenons un cas courant. Un dirigeant se verse une rémunération très modeste pour laisser du résultat dans la société, et loue ses locaux à une société civile qu'il détient, à un loyer bien inférieur au marché. Le repreneur devra payer un directeur général au prix du marché et un loyer normal : les deux ajustements viennent en déduction du résultat retenu.

Au contraire, un dirigeant qui se rémunère généreusement, finance une voiture haut de gamme d'entreprise et paye un loyer important à sa SCI retire artificiellement du résultat. L'acquéreur voudra le savoir, et l'impact sur la valorisation est positif car l'entreprise génère soudain davantage.

Quels retraitements un acquéreur applique-t-il à l'EBITDA d'une PME ?

En parlant d'ajustements, tous ne vont pas dans le même sens. Certains font monter l'EBITDA retraité, d'autres le font baisser, et l'exercice consiste à documenter les deux.

C'est cette lecture dans les deux sens qui décide de ce que votre marge raconte à un acquéreur une fois retraitée : une capacité de gain durable, ou un résultat qui tenait à des circonstances.

Retraitements qui jouent en votre faveur : charges personnelles logées dans la société, rémunération de dirigeant supérieure au marché, dépenses exceptionnelles non récurrentes, coûts d'un chantier ponctuel, activité déficitaire arrêtée depuis.

Retraitements qui jouent en votre défaveur : rémunération de dirigeant inférieure au marché, loyer sous-évalué avec une partie liée, investissements de maintenance repoussés depuis plusieurs exercices, provisions insuffisantes au regard des risques déjà connus, revenus exceptionnels comptés comme récurrents.

Retraitements de normalisation : lissage sur plusieurs exercices pour neutraliser un pic ou un creux, correction d'un décalage de facturation, mise en cohérence des méthodes comptables avec celles du groupe repreneur.

Un point souvent découvert tard : les investissements différés. Un parc machine ou un système d'information qu'on n'a pas renouvelé depuis six ans allège les charges des dernières années et gonfle d'autant le résultat affiché. L'acquéreur le sait, et il déduira du prix le rattrapage à faire, avec ses propres hypothèses de coût.

Quels retraitements se retournent contre le cédant au moment de vendre ?

Donc, la partie sensible se joue sur la justification des chiffres. Un retraitement se défend avec des pièces ; sans preuve, il devient une affirmation, et une affirmation se négocie mal.

C'est le même mécanisme que celui qui gouverne l'impact d'une croissance prévisible et d'une marge tenue sur votre multiple : ce qui est démontrable pèse, ce qui est raconté s'escompte.

Le retraitement invérifiable : ajouter des charges personnelles au résultat suppose de pouvoir les identifier ligne à ligne. Une reprise globale annoncée sans détail sera écartée.

Le retraitement récurrent déguisé en exceptionnel : un litige exceptionnel qui revient trois années de suite cesse d'être exceptionnel. Le classer comme tel affaiblit tous vos autres arguments.

Le retraitement qui révèle un autre sujet : justifier une rémunération basse par le fait que vous portez seul l'entreprise attire l'attention sur votre remplacement, et donc sur la dépendance de l'activité à votre personne.

Un exemple parlant : un dirigeant présente un résultat retraité flatteur en additionnant une dizaine d'ajustements favorables. L'auditeur mandaté par l'acheteur en valide deux, écarte les autres faute de pièces, et surtout se met à examiner l'ensemble du dossier avec méfiance. La perte porte moins sur les huit ajustements écartés que sur la confiance.

Comment préparer un EBITDA défendable avant d'ouvrir la discussion avec un acquéreur ?

Bonne nouvelle, tout cela se prépare, à condition de s'y prendre à froid.

Le travail rejoint la logique générale qui construit ce qui fait vraiment le prix de votre entreprise : rendre lisible ce qui est déjà vrai, plutôt que d'habiller ce qui ne l'est pas.

Première étape, nettoyer. Sortir progressivement les charges personnelles de la société, aligner les conditions avec vos parties liées sur le marché, séparer clairement ce qui relève du patrimoine et ce qui relève de l'exploitation. Deux à trois exercices propres valent mieux qu'un tableau de retraitements.

Deuxième étape, documenter. Tenir un registre daté des éléments non récurrents, exercice par exercice, avec la pièce justificative associée. Ce registre se construit en dix minutes par trimestre et se reconstitue très mal après coup.

Troisième étape, rattraper. Traiter les investissements différés avant la mise en vente. Un parc renouvelé se voit dans le bilan ; un rattrapage à venir se déduit du prix.

Quatrième étape, chiffrer votre remplacement. Évaluer ce que coûterait un dirigeant salarié à votre poste, et vérifier que le résultat tient toujours après cette charge. C'est le calcul exact que fera l'acquéreur, et il en tire au passage sa lecture de la dépendance de l'entreprise à votre présence.

Et surtout, ce chantier a un rendement immédiat, indépendamment de toute vente. Une comptabilité qui sépare nettement l'exploitation du patrimoine donne au dirigeant une lecture bien plus juste de la rentabilité réelle de son activité.

Bonne nouvelle, le réseau de La Scalezone est à votre disposition pour en parler ! Prenons contact !

Trois actions pour défendre votre EBITDA face à un acquéreur

Concrètement, voici trois questions à vous poser dès aujourd'hui.

  • Si je devais payer un directeur général au prix du marché à ma place, mon résultat tiendrait-il encore ?
  • Est-ce que je serais capable de justifier, pièces à l'appui, chaque élément que je qualifie d'exceptionnel sur les trois derniers exercices ?
  • Quels investissements ai-je repoussés, et combien coûterait leur rattrapage ?

Et si une de ces questions reste sans réponse claire, c'est exactement le bon moment pour en parler. Prenons contact et regardons ensemble ce que vos chiffres peuvent donner.

Conclusion : le chiffre qui compte est celui que vous pouvez prouver

Vos comptes annuels décrivent votre société telle qu'elle est, avec vous dedans. L'acquéreur cherche à savoir ce que rapporte l'activité une fois vos particularités neutralisées, et il retraite en conséquence.

Trois familles d'écarts font presque tout : les charges liées au dirigeant, les éléments non récurrents, et les conditions hors marché avec vos parties liées.

Les retraitements jouent dans les deux sens, et chacun se gagne par la preuve. Un ajustement invérifiable coûte plus cher que son montant, parce qu'il fragilise tout le dossier.

Et deux à trois exercices propres font le gros du travail : ils rendent le tableau de retraitements beaucoup plus court à défendre. C'est un chantier qui se mène à froid, et qui améliore au passage votre propre lecture de la rentabilité.

Vous voulez savoir sur quel résultat un acquéreur calculerait le prix de votre entreprise aujourd'hui ? Commencez par faire le point sur votre valorisation.

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Questions fréquentes sur l'EBITDA retraité en PME

Quelle différence entre EBITDA et excédent brut d'exploitation ?

Les deux mesurent la même chose : ce que rapporte l'activité avant financement, impôt et amortissements. L'EBITDA est le terme anglo-saxon, largement utilisé dans les opérations de cession, l'excédent brut d'exploitation son équivalent français. De légères différences de calcul existent selon les référentiels comptables, sans changer la logique.

Qu'est-ce qu'un EBITDA retraité ou normatif ?

C'est le résultat corrigé des éléments qui ne se reproduiront pas chez le repreneur : charges personnelles du dirigeant, rémunération éloignée du marché, opérations exceptionnelles, conditions particulières avec des sociétés liées. C'est ce chiffre, et non celui des comptes annuels, qui sert de base à la négociation du prix.

Qui décide des retraitements retenus ?

Ils se négocient. Le cédant propose ses ajustements, l'auditeur mandaté par l'acquéreur les vérifie et propose les siens, et l'accord final s'établit sur ce qui est documenté. C'est précisément pour cela qu'un registre tenu au fil de l'eau pèse plus qu'un tableau reconstitué après coup.

Combien de temps avant une cession faut-il nettoyer ses comptes ?

Deux à trois exercices, idéalement. Un acquéreur regarde la tendance sur plusieurs années, donc un nettoyage effectué juste avant la vente se voit et se discute. Fait en amont, il devient simplement la façon normale dont l'entreprise fonctionne.

Antoine Martin

Antoine Martin

Antoine Martin challenge les dirigeants et boards sur leur gouvernance. Il est aussi Head of Growth de La ScaleZone, où il dirige notamment le marketing digital et la création de contenu en éditeur : le blog de La ScaleZone comme les newsletters sont générés par une Intelligence Augmentée maison, calibrée et entraînée pour vous connaître, avec un besoin de relecture humaine minimal (bien que systématique). Le sujet vous intéresse ? Prenez contact !

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